La construction
d’un monde - celui dans lequel adviennent les Essenomes - avec sa genèse,
ses vivants, puis ses architectures, ses objets, mais aussi ses codes, esquisse
in fine les contours d’un mythe contemporain. Il s'agit là d'une
tentative de décrypter les mécanismes qui fondent la culture
de notre époque.
Au travers des Essenomes se manifeste l’importance que revêt la
notion de « lien », de « communauté »
et de « réseau » aujourd’hui, en réponse
paradoxale à l’ individualisme grandissant des sociétés
consuméristes modernes. Car si les Essenomes sont une tribu, au sein
de laquelle l’artiste tisse des liens filiaux, d’autres parentés
se créent entre les Essenomes et leurs spectateurs. Des territoires
émergent, réels ou imaginaires, à explorer, à
conquérir, et à se partager…Images de la postmodernité,
les Essenomes illustrent ainsi comment le tribalisme contemporain, fondé
sur le choix émotionnel plus que rationnel, sur le lien électif
davantage que familial ou social, est voué à se développer
de manière exponentielle, faisant émerger une socialité
nouvelle. De cette coexistence culturelle naît un véritable métissage
culturel. Emergent de nouveaux ensembles (tribus) qui se nourrissent des différentes
cultures.
D'après le texte
de Marie Deparis